chorégraphes / choreographers

Virginie Brunelle

Ce qui frappe le plus chez ce nouveau visage de la danse est le contraste entre le personnage et son propos. Le travail de Virginie Brunelle est caractérisé par son obsession pour le couple ; les rapports amoureux, affectifs, sexuels. Cette dualité homme/femme fait office de thème central. Virginie Brunelle se différencie par la subtilité, voire la féminité, avec laquelle elle aborde certains des mêmes thèmes que Dave St-Pierre et Frédérick Gravel, tout en privilégiant une forme chorégraphique plus classique.

Après avoir découvert tardivement la danse à 20 ans par l’entremise d’une amie, elle s’inscrit au programme de danse de l’UQAM où elle fait la rencontre marquante du chorégraphe Daniel Léveillé. À sa graduation en 2007, sa pièce Les cuisses à l’écart du coeur est saluée comme l’une des meilleures oeuvres étudiantes des dernières années. Suivent les pièces Foutrement (2009) et Complexe des genres (2011), présentées ici comme en Europe. En 2009, elle représente le Canada aux Jeux de la francophonie à Beyrouth.

Frédérick Gravel
Ce chorégraphe et interprète touche-à-tout est aussi musicien, chanteur, et éclairagiste. Au-delà des projets « grand public », comme sa chorégraphie pour le spectacle Mutantès du chanteur Pierre Lapointe, présenté à la Place des Arts en 2008, Gravel se consacre à une multitude de projets collectifs et individuels. Son principal fait d’armes est Gravel Works, un work in progress créé en 2006, réunissant danse, performance et rock garage, présenté à New York et Paris avant d’être le buzz du Festival TransAmériques (FTA) en 2009, dans sa version la plus aboutie.

Deux éléments se démarquent particulièrement chez Gravel. D’une part, la musique live, avec la collaboration du compositeur Stéfan Boucher, qui donne une portée unique à son travail, à mi-chemin entre show rock et performance. D’autre part, son approche commentée/fragmentée. En effet, seul au micro, il prend plaisir à présenter et expliquer certains passages de ses spectacles, généralement constitués d’une succession de courts tableaux. Il remet ainsi en question la danse et le concept même de « spectacle », ce qui n’est pas surprenant lorsque l’on connaît l’importance qu’il accorde à la réflexion sur la danse et la place du danseur dans la société.

Dave St-Pierre
D’abord danseur virtuose pour plusieurs compagnies montréalaises (Léveillé, Perreault, Maheu…) ce drop-out des Ateliers de danse moderne de Montréal (ADMMI) est surtout connu pour deux pièces choc, La pornographie des âmes (2004), et Un peu de tendresse bordel de merde! (2006). Son but avoué est de « repousser les limites et de faire tomber les cloisons entre acteurs, danseurs et performeurs » dans un travail collaboratif avec les interprètes. Cet habitué des scènes européennes a notamment remporté le prestigieux prix Mouson, remis chaque deux ans en Allemagne, et présenté sa dernière pièce au festival d’Avignon à guichets fermés.

St-Pierre excelle dans les ruptures de ton et cherche à créer le malaise par des revirements. Grâce à une gestuelle furieuse, St-Pierre repousse les frontières de la danse par son utilisation de la nudité, de la sexualité, et des horreurs de la vie, ce qui lui vaut le titre d’enfant terrible de la chorégraphie montréalaise. Au-delà du corps, St-Pierre arrive à mettre à nu l’âme et l’humanité de ses danseurs/performeurs et expose à travers eux ses questionnements profonds. Ce côté sombre est tempéré par l’humour, la tendresse, et un côté mélodramatique bien assumé.